vendredi 5 août 2011

"Des antihéros frappés par la fatalité", La Presse, 30 juillet 2011

N'est pas Erin Brockovich qui veut.

Ainsi, dans le film The Kate Logan Affair, le personnage de Valérie, dans lequel se glisse la comédienne Noémie Godin-Vigneau, est tout le contraire d'une battante. Heurtée de plein fouet par la malédiction, elle le restera pour toute la vie suggère la finale du long métrage.

«Dans l'écriture de Noël (le réalisateur Mitrani), les personnages sont des antihéros, dit la comédienne en entrevue. Mon personnage de Valérie est frappée par la fatalité. Lorsqu'elle apprend ce qui est arrivé à son mari et surtout ce qu'il a fait, elle est blessée, ne reconnaissant pas, dans la description des événements, l'homme avec qui elle vivait. Mais elle ne cherchera pas à en savoir plus.»

On retrouve également cette attitude chez Benoit (Laurent Lucas) de même que chez les policiers enquêteurs. Leur côté provincial, bon enfant, n'est pas sans rappeler les flics du film Fargo des frères Cohen. Noël Mitrani confirme se sentir proche de l'univers des deux réalisateurs américains. «Ils ont ouvert la porte à l'idée de mêler le drame et la comédie, dit-il. Dans la réalité, c'est pratiquement toujours ce qui survient.»

Lorsque Valérie rencontre Kate Logan, le résultat reste le même. Le face-à-face est gênant, froid, sans lendemain. Atterrée par les faits, Valérie rentrera à Paris retrouver son enfant, inconsolable.

«Elle ne se battra pas pour essayer de comprendre, poursuit l'actrice. Elle est confrontée à la loi et se dit que, oui, il est possible que son mari ait désiré cette jeune femme. Démunie, fataliste, elle va se replier sur ses blessures et ses interrogations.»

Le réalisateur est très heureux du casting de la comédienne qui devait incarner un «personnage bien ancré dans l'establishment». Coiffée et maquillée assez sévèrement, Valérie est une physicienne nucléaire issue visiblement de la bourgeoisie. Pour l'interpréter, Noémie Godin-Vigneau devait prendre l'accent français et parler en anglais. Tout un exercice. «Je parlais avec un accent français dans le film Nouvelle-France, rappelle-t-elle. Mais de parler à la française tout en m'exprimant en anglais, ça devenait ici l'aspect le plus technique du jeu.»

Par André Duschene

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/entrevues/entrevue/15244-noemie-godin-vigneault-des-antiheros-frappes-par-la-fatalite.html

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