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vendredi 5 août 2011

"The Kate Logan Affair: solide travail d’acteurs", La Presse, 5 août 2011

Le policier, nous a dit un jour un réalisateur bien connu, est le personnage idéal pour alimenter des histoires tant au cinéma qu’à la télévision ou dans un roman. Pour la simple et excellente raison que le policier marche constamment sur la ligne entre le bien et le mal, la justice et la criminalité. Bref, entre le droit chemin et l’abîme.

The Kate Logan Affair, petit film sans prétention, correspond exactement à cette définition. On y suit l’histoire de Kate Logan (Alexis Bledel), jeune policière canadienne en tout début de carrière qui arrête par erreur Benoît Gando (Laurent Lucas), cadre français d’une importante compagnie d’assurances en congrès au Canada.

Pour s’excuser de sa méprise, Kate invite Benoît à prendre une bière. Ce qui entraîne le couple dans une aventure d’un soir, un passage hautement prévisible. Comme le fait que cette aventure sente le souffre et va mal tourner.


Oui, mais quand et comment ? C’est en répondant à cette question que le réalisateur et scénariste Noël Mitrani nous entraîne dans un dédale de rebondissements qui nous tiennent en haleine. Le tout, pimenté de quelques détours quasi burlesques, étonnantes ruptures de ton qui s’insèrent dans le film sans pour autant en casser le rythme.

Mitrani a su maîtriser les ressorts de son scénario. Et ce, même si on sent tout au long de la projection que son film a été réalisé avec un budget bien modeste. Et même si on est agacé par un certain relâchement avant le dénouement. Ainsi, comment se fait-il qu’un témoin-clé qui a entendu un son suspect n’ait pas noté les autres sons, tout aussi révélateurs ? Et que les enquêteurs de la police n’aient pas été perplexe face aux réponses évasives de leur collègue. Hum... Ici, on y croit un peu moins.

La solide performance des trois acteurs principaux vient toutefois compenser ces faiblesses. Tant Alexis Bledel que Laurent Lucas et Noémie Godin-Vigneault sont très justes dans la peau de leurs personnages. La jeune actrice américaine au regard si distinctif joue parfaitement sur les registres de la manipulation et de la peur.

En entrevue, Noël Mitrani disait avoir gardé une main très serrée sur le scénario afin de proposer un film court qui maintient le spectateur dans l’action. Son thriller psychologique passe en effet très vite.

Par André Duschene

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/critiques/critique-cinema/15270-ithe-kate-logan-affairi-solide-travail-dacteurs.html?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_aujourdhui-sur-cyberpresse_267_accueil_ECRAN1POS1

"Des antihéros frappés par la fatalité"

N'est pas Erin Brockovich qui veut.

Ainsi, dans le film The Kate Logan Affair, le personnage de Valérie, dans lequel se glisse la comédienne Noémie Godin-Vigneau, est tout le contraire d'une battante. Heurtée de plein fouet par la malédiction, elle le restera pour toute la vie suggère la finale du long métrage.

«Dans l'écriture de Noël (le réalisateur Mitrani), les personnages sont des antihéros, dit la comédienne en entrevue. Mon personnage de Valérie est frappée par la fatalité. Lorsqu'elle apprend ce qui est arrivé à son mari et surtout ce qu'il a fait, elle est blessée, ne reconnaissant pas, dans la description des événements, l'homme avec qui elle vivait. Mais elle ne cherchera pas à en savoir plus.»

On retrouve également cette attitude chez Benoit (Laurent Lucas) de même que chez les policiers enquêteurs. Leur côté provincial, bon enfant, n'est pas sans rappeler les flics du film Fargo des frères Cohen. Noël Mitrani confirme se sentir proche de l'univers des deux réalisateurs américains. «Ils ont ouvert la porte à l'idée de mêler le drame et la comédie, dit-il. Dans la réalité, c'est pratiquement toujours ce qui survient.»

Lorsque Valérie rencontre Kate Logan, le résultat reste le même. Le face-à-face est gênant, froid, sans lendemain. Atterrée par les faits, Valérie rentrera à Paris retrouver son enfant, inconsolable.
«Elle ne se battra pas pour essayer de comprendre, poursuit l'actrice. Elle est confrontée à la loi et se dit que, oui, il est possible que son mari ait désiré cette jeune femme. Démunie, fataliste, elle va se replier sur ses blessures et ses interrogations.»

Le réalisateur est très heureux du casting de la comédienne qui devait incarner un «personnage bien ancré dans l'establishment». Coiffée et maquillée assez sévèrement, Valérie est une physicienne nucléaire issue visiblement de la bourgeoisie. Pour l'interpréter, Noémie Godin-Vigneau devait prendre l'accent français et parler en anglais. Tout un exercice. «Je parlais avec un accent français dans le film Nouvelle-France, rappelle-t-elle. Mais de parler à la française tout en m'exprimant en anglais, ça devenait ici l'aspect le plus technique du jeu.»

Par André Duschene
La Presse
Publié le 30 juillet 2011
http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/entrevues/entrevue/15244-noemie-godin-vigneault-des-antiheros-frappes-par-la-fatalite.html